13 04 2017

Rio, la fièvre de l’art


 

 

Liftée pour les JO, la mégalopole n’en finit pas de s’étirer dans la baie de Guanabara avec ses nouveaux musées et une profusion de galeries. Ici, le métissage culturel n’est pas qu’un cliché.

Au cœur du quartier pittoresque de Gávea, loin de l’effervescence urbaine, se trouve un petit coin de paradis où le temps semble suspendu : une maison datant de 1968 de l’architecte Jorge Hue, mélange éclectique du modernisme brésilien, entourée d’un jardin tropical luxuriant signé du grand architecte paysagiste Roberto Burle Marx. C’est dans ce lieu chargé de l’énergie créative de Rio que l’artiste et photographe brésilien Vik Muniz aélu résidence. Livres, fossiles, coquillages, jeux d’optique datant du XIXe siècle, son bureau ressemble à un cabinet de curiosités où il pense, en images, les idées qu’il réalise dans son studio situé à quelques pas.

L’autre Rio

En marge des clichés – le carnaval, le Pain de Sucre, les filles d’Ipanema – existe un autre Rio : un monde de l’art en pleine effervescence. La Coupe du monde de football et les récents jeux Olympiques l’ont boostée, remettant cette ville si photogénique sur le devant de la scène artistique brésilienne. « Rio captive par ses paysages, par la décontraction de ses habitants, sa joie de vivre et sa scène culturelle hétéroclite. C’est la ville de l’architecte Niemeyer, du paysagiste Roberto Burle Marx, de la bossa-nova et du nouveau cinéma », rappelle Joaquim Paiva, photographe carioca et principal collectionneur de photographies du pays.

Brenda Valansi Osório, la cofondatrice de la foire ArtRio, s’est servie de cette image pour attirer l’attention des galeries et des collectionneurs. Pour elle, Rio a toujours été la capitale brésilienne de l’art, renforcée par ses institutions culturelles historiques comme le Museu de Arte Moderna (MAM) ou le Parque Lage, école dédiée aux arts visuels, installée en pleine nature, à quelques battements d’ailes du Christ Rédempteur.

C’est aussi ce qui a séduit les galeries Nara Roesler et Fortes D’Aloia & Gabriel, ancrées à Sao Paulo, qui ont posé leurs valises en terre carioca. « Avec l’ouverture d’ArtRio, nous avons pris conscience de l’énorme potentiel de la ville. Depuis son inauguration en 2014, notre galerie a connu un tel développement qu’elle va bientôts’installer dans la Vila Portugal, le nouveau complexe culturel créé au Jockey Club, aux côtés des galeries Fortes D’Aloia & Gabriel et Oskar Metsavaht, et du jazz club de Vik Muniz », explique Gabriela Moraes, directrice de la galerie Nara Roesler, dans le quartier d’Ipanema. Et Rio stimule une communauté importante de collectionneurs. « Ils prennent du temps, ils posent des questions et ils écument les foires. Ils veulent tout savoir », décrit Vik Muniz.

Accélérateur, la réhabilitation de la zone portuaire

Deux nouveaux musées ont ouvert depuis 2013 : le Museu de Arte do Rio (MAR), qui propose une programmation à la fois historique et contemporaine de la ville, et le Museu do Amanhã, un bâtiment futuriste de l’architecte lauréat du prix Pritzker, l’Espagnol Santiago Calatrava, qui réunit sciences, art et audiovisuel autour de thèmes liés à l’avenir.

C’est dans ce même quartier que le street artist Eduardo Kobra apeint, bombe en main, une fresque de 3 000 m², symbole du dynamisme de Rio en matière d’art urbain. « Le graffiti existe depuis le milieu des années 1990 à Rio, mais il se développe de façon importante », explique Fernando Sawaya, alias Cazé, street artist et illustrateur, qui a lancé le projet Ladeira do Castro, une galerie de graffitis à ciel ouvert entre les quartiers de Santa Teresa et de Lapa. « J’ai beaucoup appris de la scène d’art urbain carioca », ajoute Bruno Big, qui a exposé en septembre dernier à la Next Street Gallery de Paris. Une force unique s’en dégage. Nous sommes tous connectés les uns aux autres, au-delà des clans, indépendamment de l’histoire, de la classe sociale ou du quartier où l’on vit. » Big a d’ailleurs apposé sa patte sur l’un des murs de Z42 Arte, un nouvel espace dédié à l’art, à deux pas du chemin de fer du Corcovado. Ouvert en 2015, il accueille aujourd’hui sept artistes en résidence qui rendent hommage chacun à leur manière à l’âme du Brésil.

C’est ce que traduisent, par leur carnaval de couleurs, les œuvres de Beatriz Milhazes. « Nous avons un rythme différent ici, à Rio. C’est une grande ville qui interagit avec la nature. La mer, la forêt, la montagne font partie de notre quotidien, et j’ai toujours pensé que ce contact avec la nature influençait beaucoup mon art. J’ai besoin d’être proche de mon atelier pour produire », confie l’artiste. Rio pourrait bientôt donner un peu plus de couleurs et de sensualité au monde de l’art au-delà de ses frontières.

Beatriz Milhazes, l’Œuvre radieuse

Qui ? Disciple de Tarsila do Amaral, peintre de l’école moderniste, véritable cannibale culturelle dont l’œuvre se nourrissait des techniques venues d’ailleurs (et en particulier de Paris), Beatriz Milhazes se définit comme une artiste brésilienne à l’héritage international. Si Rio et son carnaval ont une influence dans sa quête de beauté et dans sa recherche sensuelle de la couleur, elle se réfère aussi aux avant-gardes européennes, à l’image de Matisse, Delaunay, Fernand Léger ou Mondrian.

Quoi ? Une œuvre euphorisante et énergisante (comme le soleil de Rio, le son des tambours endiablés et la nature luxuriante du Brésil) qui utilise différentes techniques, à l’instar du transfert de peinture ou du collage.

Ses projets ? Une exposition à la galerie Fortes D’Aloia & Gabriel (1), à Carpintaria, à Rio, où elle présentera trois sculptures inédites. D’autres expositions à venir en 2018 à Londres, à Inujima, au Japon, et à New York, et une monographie aux éditions Taschen retraçant son travail de 1983 à 2016, à paraître au mois de juin durant Art Basel.

Z42 Arte, pépinière de talents

Qui ? Ouvert en 2015, ce pôle artistique rassemble dans une maison des années 1930 à l’architecture éclectique les ateliers de sept artistes, dont Katia Wille, Talitha Rossi et Rona Neves, ainsi que les archives du collectionneur Fábio Szwarcwald et les bureaux de Santart, une revue d’art.

Leurs projets ? Formée à l’art à l’université d’Amsterdam, Katia Wille a créé sa propre marque de vêtements, ZigfFreda, avant de se lancer dans la peinture. Elle expose aujourd’hui une quinzaine de toiles au Centro Cultural Justiça Federal de Rio où elle rend hommage à la nature environnante et au pouvoir des femmes. « Si le Brésil reste sous certains aspects extrêmement machiste, force est de constater que les grands artistes modernes et contemporains sont des femmes. »

Après des études de mode à la Saint Martin’s School de Londres et des expériences dans ce domaine, Talitha Rossi décide de reprendre la voie de l’art. Enfant de la génération Y, elle veut parler de cette nouvelle femme qui, en marge du culte du corps, utilise ses doigts autant pour peindre que pour pianoter sur son clavier.

Inspiré par l’univers de l’enfance, les mots, l’énergie du carnaval et du candomblé (religion afro-brésilienne), Rona Neves retranscrit à travers ses peintures les problèmes du monde contemporain dans un expressionnisme fait de douceur et de violence.

Vik Muniz, sculpteur d’images

Qui ? Né à Sao Paulo dans une famille très modeste, Vik Muniz préfère le dessin aux mathématiques et découvre l’art dans de vieux livres. Avec l’argent reçu en échange de son silence à la suite d’un accident de voiture, il quitte son Brésil natal à 22 ans pour Chicago puis New York. Entre deux jobs, il sculpte et rencontre le succès.

Quoi ? Plasticien et photographe, il rend hommage à l’histoire de l’art par des reconstitutions originales faites de substances et d’objets inattendus : poussière, mégots, détritus, confettis, pièces de puzzle, jouets, chocolat, sucre, fil de fer…, jetant un regard renouvelé sur des œuvres très connues.

Ses projets ? Perfect Strangers : ses mosaïques en verre déplacent les foules dans le métro new-yorkais, sur la 72e rue .Il sera à l’honneur jusqu’en juin dans une rétrospective au Museo de Arte

Source: http://madame.lefigaro.fr

 
 
 
 
 
 
 

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