13 03 2017

Les régimes « fille » ou « garçon » avant la grossesse fonctionnent-ils vraiment ?


 

 

Après deux filles, vous voudriez bien avoir un petit gars ? Misez sur de la charcuterie et surtout évitez les yaourts. Info ou intox ? Le point sur les régimes «fille ou garçon».

«Si vous souhaitez choisir le sexe de votre futur enfant, veuillez laisser un message.» Le répondeur du Dr François Papa annonce la couleur dès le premier contact. Le régime alimentaire mis en place par ce gynécologue français attire celles qui, après un ou plusieurs enfants du même sexe, veulent donner un coup de pouce à la nature. Son livre, Choisissez le sexe de votre enfant, publié en 1983, a été réédité en 2011 et traduit dans plusieurs langues. Alors, ce régime fille ou garçon est-il fiable ? On fait le point sur une méthode qui ne fait pas l’unanimité.

Un régime contraignant

Élodie, 34 ans, est enceinte de son deuxième enfant. Pour être sûre d’avoir un garçon, la jeune femme, déjà mère d’une petite fille, a mis toutes les chances de son côté en suivant le régime de Dr Papa. Son gynécologue, le Dr Benlolo, l’a accompagné dans sa mise en place dès qu’elle a exprimé son désir d’avoir un fils. «J’ai commencé quatre mois avant la conception et je suis tombée enceinte au bout de deux mois», explique-t-elle. Pendant ces six mois, Élodie a donc mangé beaucoup de charcuteries et n’a pas avalé un seul laitage. Le calcium est l’ennemi du régime garçon et le sel, son meilleur allié. En plus du condiment, il faudrait donc consommer quotidiennement de la viande, des jus de fruits frais (trois verres par jour), des bananes, des fruits secs ou des pommes de terre. Le chocolat, les crustacés et les œufs figurent parmi la longue liste d’aliments interdits.

Pour les filles, c’est tout l’inverse, il faut miser sur les produits laitiers (trois grands verres de lait par jour). Et par conséquent, bannir charcuteries, poissons fumés, café, ainsi qu’un grand nombre de fruits (cerises, pêches, bananes, oranges, citrons, raisins, kiwis etc.). Attention, un seul écart et toutes vos chances peuvent être réduites à néant. «Je voulais arrêter tellement c’était contraignant», se rappelle Élodie.

Une théorie remise en question

Ce régime alimentaire prend ses racines dans les travaux menés par le Français Joseph Stolkowski menés dans les années 1960, une théorie selon laquelle le rapport entre le potassium d’une part, le magnésium et le calcium d’autre part déterminerait le sexe des enfants à naître. Les premières études de ce professeur, responsable du laboratoire de physiologie chimique à l’université Pierre et Marie Curie (Paris V), sur le sujet sont menées sur des batraciens, des bovins, puis élargies aux humains.

En 1977, une thèse devant la faculté de médecine de Créteil conclut que les femmes qui consomment beaucoup de sodium et de potassium ont essentiellement des garçons, et celles qui consomment beaucoup de magnésium et de calcium ont des filles. La même année, le Dr Papa mène une étude à la maternité de Port-Royal, à Paris, pour vérifier ces hypothèses. Résultat ? 77% de réussite. Mais sur l’échantillon de 215 femmes, seules 58 avaient suivi la diète correctement. Aujourd’hui, François Papa a arrêté son activité de gynécologue pour se consacrer essentiellement au suivi de ces régimes. «Nous sommes à un taux de réussite de plus de 80% sur plus de 4000 patientes», affirme-t-il au téléphone. Pourtant aucune nouvelle étude ne vient confirmer les chiffres qu’il avance.

La date de conception plus déterminante

Rien ne marche sauf le tri des spermatozoïdes

De son côté, le professeur Israël Nisand, chef du pôle gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, est catégorique : «en termes de détermination de sexe, rien ne marche sauf le tri des spermatozoïdes avant la fécondation, activité illégale en France». Dans son livre Choisir le sexe de son enfant, Claude Humeau, professeur émérite à la faculté de médecine de Montpellier, dresse la liste des croyances sur la détermination du sexe. On apprend ainsi qu’Hippocrate conseillait d’incliner la femme du côté droit pendant l’acte sexuel pour avoir un garçon et du côté gauche pour avoir une fille. Pour l’auteur, le régime du Dr Papa n’est autre qu’une nouvelle superstition. «Nous ne sommes pas nombreux à y croire parmi les scientifiques, les effectifs des études sont très faibles et aucune d’entre elles n’a été publiée dans une revue sérieuse», affirme-t-il.

Pour le Dr Benlolo, ce n’est pas tant l’alimentation mais la date de conception qui détermine le sexe de l’enfant. «Les spermatozoïdes Y sont plus rapides et fragiles que les X. Ainsi, si on a un rapport sexuel très proche de la date d’ovulation, nous avons plus de chance d’avoir un garçon», précise-t-il. Une théorie établie par le biologiste américain Landrum Shettles en 1960 mais rejetée par plusieurs études depuis. Ainsi le gynécologue a conseillé à Élodie de suivre le régime et d’avoir un rapport le plus proche possible de sa date d’ovulation pour optimiser ses chances. Résultat ? Elle attend un garçon. Mais on ne saura jamais si la nature en est responsable ou non. Sur les forums, d’autres femmes se plaignent d’échecs. «Régime garçon douze mois, mais une deuxième petite fille pour moi… », poste ainsi l’une d’entre elles.

Des risques de carences

Élodie estime que ce régime est «très mauvais pour la santé». «Je n’ai pas eu de carence mais mon taux de calcium avait beaucoup baissé», explique la trentenaire. «Pour avoir un garçon, on interdit le calcium alors que la femme en a besoin pour prévenir les risques d’ostéoporose. C’est un régime extrêmement contraignant, s’il ne présente pas de risque sur le court terme, il peut entraîner des carences au-delà de six mois. Il empêche aussi d’avoir une vie sociale», prévient Florence Foucaut, diététicienne nutritionniste. La professionnelle insiste sur le besoin de suivi pendant toute la durée du régime.

Attention donc à ne pas improviser son propre régime fille ou garçon à la simple lecture de conseils sur Internet. Même son de cloche pour le Dr. Papa, «on doit adapter le régime à chaque femme, certaines n’aiment pas le lait donc on réfléchit ensemble pour le remplacer», précise-t-il. Le médecin demande à ses patientes de remplir un carnet avec la liste de chaque aliment ingéré quotidiennement. À savoir, la simple prise de médicaments à base de plantes pourrait saper tous vos efforts. Si vous êtes toujours tentée, armez-vous d’une bonne dose de motivation, de patience et surtout d’optimisme… pour mieux vivre un éventuel échec. Tous les scientifiques s’accordent à dire qu’il y a une chance sur deux pour que cela ne fonctionne pas…

Mummyrexie : la grossesse XS

Source: madame.lefigaro.f

 
 
 
 
 
 
 

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