7 03 2017

Les bienfaits du beau nous émerveillent


 

 

La capacité à s’émerveiller et à percevoir la beauté reste encore mystérieuse. Mais est hautement positive.

Il y a ce chêne, bien planté dans un champ face à sa fenêtre et qui, à travers les saisons qui passent, lui donne une beauté «assidue» à contempler ; les vols soudains d’étourneaux au-dessus de sa tête, la découverte de la musique «inouïe» de la Coréenne Youn Sun Nah… Autant de délices et d’étonnements à travers lesquels l’écrivain Belinda Cannone tente de comprendre et saisir, sans la banaliser, la notion d’«émerveillement». Son récent essai (S’émerveiller, chez Stock) est vivifiant et enthousiasmant comme l’aptitude, sans doute spécifiquement humaine, qu’il explore: pouvoir goûter le plaisir de la beauté, au quotidien comme dans les œuvres d’art. Pouvoir, ainsi, faire face au cynisme, à l’indifférence, à l’ennui, à la dépression… Tous sentiments qui affaiblissent le sentiment d’exister en même temps que l’estime de soi.

Cette précieuse aptitude, si elle est désormais mentionnée comme une des vingt-quatre «forces de la personnalité» étudiées en psychologie positive – sous le terme de «capacité à apprécier la beauté et l’excellence» – reste toutefois mystérieuse.

Une nouvelle discipline, la neuro-esthétique, s’y consacre en partie. «Bien sûr, on sait que la beauté est d’abord dans l’œil de celui qui la perçoit, explique Axel Cleeremans, professeur de psychologie cognitive à l’Université libre de Bruxelles. Mais on ignore encore pourquoi, sinon par leur histoire culturelle, certains sont plus sensibles à l’architecture qu’à la musique… Chaque cerveau, organe éminemment plastique dans lequel vient s’inscrire un vaste réseau d’associations, va “originer” les préférences de cette personne-là.» Ainsi, chaque cerveau étant extrêmement singulier, il est difficile d’en tirer une loi générale.

«Lire un poème ou contempler un tableau et se dire “ça, c’est tout à fait ce que je sens” est positif, car l’identification permet de se sentir relié à autrui»

«En 2011, poursuit le chercheur, une méta-analyse de 93 études a cependant montré que la zone cérébrale dans laquelle cette capacité à s’émerveiller est inscrite dans le cortex insulaire antérieur droit, la même que celle impliquée dans la perception d’objets à grande valeur économique ou sexuelle. Elle semble donc être une fonction “parasite” s’étant développée à côté des facultés permettant d’assurer notre survie.»

Une importance finalement vitale qui n’étonne en rien ceux qui profitent des multiples bienfaits du beau pour accompagner dans leur évolution les personnes en difficulté, ou qui cherchent à mieux se connaître, à apprendre, à avancer… Pascal Coulon, philosophe et animateur d’ateliers en histoire de l’art au Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie Adaje, en est persuadé: «Si cette éducation du goût ne “soigne” pas, nul doute qu’elle participe à une démarche plus globale – psychothérapie, groupes, éducation… – permettant de réhabiliter chez nos pensionnaires le désir en lui donnant un objet plus fécond, contribuant ainsi à modifier leur regard sur ce qu’il y a à voir.»

Lire Proust, contempler les toiles impressionnistes avant d’aller pique-niquer à Giverny, comprendre la démarche des cubistes… Autant de portes qui s’ouvrent pour, peu à peu, donner envie à ceux qui pensent avoir tout vu de voir différemment le quotidien. «C’est le grand apport des artistes, observe Pascal Coulon. Interrompre la chaîne de significations dans laquelle nous évoluons pour en révéler certaines qui nous étaient inconnues jusque-là. Après Van Gogh, on ne voit plus les simples chaises en bois de la même manière…»

« Cette force est une question d’attitude et de capacité à prendre le temps d’admirer ce qui s’offre à soi»

Autre révélation: l’œuvre d’art donne accès aussi à des dimensions de soi-même que l’on ignorait jusque-là. «Lire un poème ou contempler un tableau et se dire “ça, c’est tout à fait ce que je sens” est éminemment positif car l’identification permet de se sentir relié à autrui dans notre humanité universelle», ajoute Pascal Coulon. Et de confier: «Voir nos pensionnaires se mettre à discuter entre eux des mérites de telle ou telle œuvre relève du miraculeux!»

Pour Ilona Boniwell, spécialiste de psychologie positive, cette force se nourrit aussi sans cesse de ce qu’elle est capable de distinguer: «Elle est une question d’attitude et de capacité à prendre le temps d’admirer ce qui s’offre à soi.» C’est alors un cercle vertueux qui se propage.

Bien sûr, Belinda Cannone en témoigne dans son essai: «Si je suis malheureuse, je traverse ce monde si beau sans le voir.» Cependant, c’est une puissante occasion de sortir d’un soi mal à l’aise que celle de regarder vraiment ce qui nous entoure quand cela suscite une «amoureuse concentration».
Oui, comme nous le rappelle l’écrivain, les meilleurs remèdes au narcissisme douloureux sont sans doute les vols d’étourneaux, les chênes bien plantés dans les champs et la voûte étoilée.

Source: http://sante.lefigaro.fr

 
 
 
 
 
 
 

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