11 06 2016

Brésil : plage de Copacabana, rébellion contre la culture du viol


 

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Le Brésil brise le silence sur la culture du viol après la terrible agression d’une adolescente par 33 hommes. Un pays en émoi qui se soulève et investit la plage de Copacabana pour se faire entendre.

C’est le Brésil tout entier qui a été secoué il y a deux semaines suite au viol collectif d’une adolescente, dont des extraits ont été postés sur les réseaux sociaux. Un drame ignoble pourtant loin d’être un cas isolé, dans un pays où la culture du viol est encore bien présente et les coupables souvent impunis. De la même manière que l’Inde s’est soulevée après l’agression tragique et mortelle de Jyoti Singh dans un bus, c’est désormais le peuple brésilien qui signe son ras-le-bol et lance des initiatives pour éveiller les consciences.

<> on June 6, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil.

Les faits se sont déroulés le 21 mai tandis que Mina, âgée de 16 ans à peine, a été droguée puis violée par une trentaine d’hommes dans un favela de Rio de Janero. Hospitalisée d’urgence avec des traitements préventifs pour les MST, la jeune fille ne se souvient plus des événements et reste en état de choc. Le cauchemar ne s’est toutefois par arrêté là, lorsqu’elle a constaté qu’une vidéo de son agression circulait sur Twitter.

Dans celle-ci, des images la dévoilaient dénudée et inconsciente tandis que des voix d’hommes se vantaient de l’avoir violée à plus de trente. Devenue virale, la vidéo a été likée près de 500 fois et partagée 198 fois avant d’être enfin retirée par les autorités. Des faits inacceptables qui n’ont pas manqué d’attiser les foudres de l’opinion publique. La culture du viol est en effet une problématique sérieuse et connue au Brésil avec un viol toute les onze minutes et seulement 10% de cas dénoncés. Outre la fréquence des méfaits, c’est surtout le traitement médiatique et des autorités trop passives qui sont mis en cause avec une tendance à culpabiliser et discréditer les victimes.

Il y a deux ans, un sondage dévoilait que 61% de la population considèrent que les femmes aux tenues trop aguicheuses méritent d’être agressées. Les 39% restant ne s’avouent pas vaincus face à cette mentalité rétrograde et l’ONG Rio de Paz a investi la plage de Copacabana avec des affiches choc et des centaines de culottes rouges et blanches tachées de faux sang, 420 au total. Le nombre exact de femmes violées tous les 3 jours au Brésil. Une initiative qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux avec les hashtags #EstuproNuncaMais (Plus jamais de viol) et #EstuproNaoTemJustificativa (Rien ne justifie un viol). Espérons que la colère collective saura trouver écho chez les autorités pour faire bouger les choses.

Source: http://www.stylistic.fr/

 
 
 
 
 
 
 

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