6 08 2013

Antidépresseurs: faut-il en avoir peur?


 

Plusieurs faussetés circulent à propos des antidépresseurs. Malgré ce qu’on en dit souvent, ils peuvent être d’une aide précieuse. On fait le tour de la question.

A quoi servent les antidépresseurs?

Un déséquilibre chimique dans le cerveau est à l’origine de la dépression.

On observe chez les dépressifs une baisse de la concentration de certains neurotransmetteurs reconnus pour leurs effets sur l’humeur, dont la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine.

Les antidépresseurs visent à rétablir l’équilibre chimique dans le cerveau.

Ceux qui sont offerts sur le marché agissent généralement sur un ou deux de ces neurotransmetteurs.

Sont-ils toujours nécessaires?

La dépression est une maladie épisodique qui peut se guérir généralement toute seule au bout d’environ un an lorsqu’il s’agit d’une dépression légère. Il est donc possible de ne pas la traiter.

Sauf que, pendant ce temps, elle affecte la vie des gens qui en souffrent, au point où des actions aussi simples que se lever le matin ou se faire à manger paraissent épuisantes.

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la dépression peut non seulement mener à une perte d’emploi ou à une séparation, mais aussi au suicide.

En effet, 2 personnes dépressives sur 3 songent à mourir, et 15 % d’entre elles feront une tentative de suicide.

Il est donc risqué de ne pas recourir aux antidépresseurs, surtout que leur efficacité a été scientifiquement démontrée dans les cas de dépressions «modérées à sévères». D’ailleurs, plus la dépression est grave, plus les bénéfices retirés de la prise d’antidépresseurs sont importants.

En prescrit-on trop facilement?

Il est possible que certains médecins, par manque de connaissances ou de temps, ou encore sous la pression d’une patiente, prescrivent un antidépresseur alors que ce n’est pas vraiment nécessaire (en cas de déprime passagère ou d’épuisement professionnel, par exemple). Il n’existe cependant pas d’étude précise sur le sujet.

Toutefois, une chose est sûre: on ne les prescrit pas assez souvent aux personnes dépressives qui en auraient vraiment besoin.

Les études démontrent qu’il y a une sous-utilisation des antidépresseurs par rapport à la fréquence de la maladie. D’ailleurs, seule la moitié des dépressions sont diagnostiquées.

Guérissent-ils la maladie?

Les antidépresseurs ne guérissent pas la dépression. Ils ne rendent pas non plus heureux ou euphorique. Ils servent uniquement à atténuer les symptômes de la dépression le temps que la crise passe et que le corps guérisse.

Il ne faut donc pas se faire d’illusions: les antidépresseurs ne sont pas une «solution magique».

De plus, ils ne fonctionnent pas pour tout le monde: environ 1 personne sur 4 ne réagit pas aux antidépresseurs.

Qu’en est-il des effets indésirables?

Comme tous les médicaments, les antidépresseurs entraînent des effets secondaires, qui ont tendance à diminuer ou à disparaître avec le temps.

Les effets indésirables les plus fréquents comprennent les étourdissements, la bouche sèche, la vision brouillée, les nausées, les maux de tête, la rétention urinaire, la constipation, les tremblements, la prise de poids, l’insomnie, les maux d’estomac, la fébrilité, la baisse du désir sexuel et les cauchemars.

Cela dit, les antidépresseurs les plus récents causent moins d’effets indésirables et sont beaucoup mieux tolérés par l’organisme.

De plus, pour limiter ces effets secondaires, on prescrit habituellement de faibles doses d’antidépresseurs au début du traitement et on les augmente graduellement jusqu’à l’obtention du résultat désiré.

Peut-on devenir dépendant?

Les antidépresseurs ne créent pas d’accoutumance. Avec les médicaments qui produisent une dépendance, comme les benzodiazépines, on doit augmenter la dose au fil du temps pour obtenir l’effet initial.

Ce n’est pas le cas avec les antidépresseurs.

Cela dit, comme ils produisent un nouvel équilibre biologique et psychologique, le fait d’arrêter brusquement de les prendre peut entraîner des symptômes de sevrage désagréables, comme des étourdissements, des nausées, de la nervosité et de la transpiration.

Pour prévenir l’apparition de ces symptômes, on diminue progressivement la dose prescrite sur une période de quelques semaines.

Combien de temps devrait durer le traitement?

Il devrait se poursuivre pendant au moins 6 mois après la disparition des symptômes, mais la plupart des spécialistes s’entendent pour dire qu’il faut traiter un premier épisode de dépression pendant environ 1 an.

On peut aller jusqu’à 2 ans si ce premier épisode est sévère ou si on en est à un deuxième épisode.

Plus on arrête le traitement tôt, plus le risque de rechute à moyen terme est élevé.

Peut-on interrompre le traitement n’importe quand?

Non; les personnes qui arrêtent prématurément de prendre leur médication font souvent une rechute après quelques mois. Il faut alors repartir à zéro et recommencer le traitement.

Quand cela arrive, le traitement est toutefois un peu moins efficace.

Les gens qui arrêtent et qui recommencent la médication développent une résistance au médicament, et on doit leur prescrire des doses plus fortes.

Dans ces cas, il s’écoule davantage de temps avant que les symptômes disparaissent. Malheureusement, les études montrent que 2 personnes dépressives sur 3 cessent de prendre leurs antidépresseurs dans les premières semaines ou dans les premiers mois du traitement.

Peut-on en prendre à vie?

En cas de récidive, c’est-à-dire après 3 épisodes ou plus de dépression, un traitement préventif est fortement recommandé.

Dans cette situation, 9 personnes dépressives sur 10 feront une autre dépression. Le traitement préventif vise à éviter la réapparition de ce trouble de l’humeur.

Toutefois, il n’est pas recommandé pour tout le monde et il doit être accompagné d’un suivi médical strict.

Doit-on suivre une thérapie en même temps?

La psychothérapie est souvent recommandée pour accompagner la prise d’antidépresseurs, car elle travaille les aspects psychologiques et sociaux souvent reliés à un épisode dépressif.

Plusieurs types de psychothérapies sont possibles, mais 2 d’entre eux seraient particulièrement efficaces pour traiter la dépression: la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie interpersonnelle.

Cela dit, dans les cas de dépressions sévères, la psychothérapie n’est pas vraiment utile car, bien souvent, les personnes qui en souffrent ne sont pas aptes à en suivre une.

Source : http://www.moietcie.ca

 
 
 
 
 
 
 

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